Revue Italienne d'Etudes Françaises (2018-11-01)

Marivaux journaliste, un modèle pour le romancier. Au sujet du Cabinet du philosophe

  • Jan Hermann

DOI
https://doi.org/10.4000/rief.2010
Journal volume & issue
Vol. 8

Abstract

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Dans cet article, l’on veut démontrer que le développement de la formule des mémoires romanesques a été catalysé par le travail de Marivaux journaliste. Dans le Cabinet du Philosophe (janvier – juin 1734), dont la publication est contemporaine de La Vie de Marianne, Marivaux observe un changement de goût et le bouleversement de catégories esthétiques du Classicisme. Le style cesse d’être une question d’élocution pour devenir une manière de dire le « je ne sais quoi ». Quand les mots manquent pour dire ce qui est difficile à dire, la combinaison des mots en un récit offre une solution. Ce discours narratif prend pour objet l’être humain qui s’observe lui-même en se scindant en un moi qui observe et un moi qui est observé. Dans les sept feuilles qui composent ce périodique, Marivaux explore plusieurs scénographies, anciennes et nouvelles, pour s’arrêter enfin à une formule discursive où l’énonciateur ne se soucie pas de style et écrit en ignorant par qui il sera lu. Cette solution est proche du roman-mémoires dont Marivaux est en train de produire, au même moment, un des « modèles ».

Keywords