Studii si Cercetari Filologice: Seria Limbi Romanice (Jun 2020)

LE CORPS FÉMININ ET SES FLUCTUATIONS DANS LES FLEURS DU MAL ET PETITS POÈMES EN PROSE DE CHARLES BAUDELAIRE

  • Saadia RAHALI

Journal volume & issue
Vol. 1, no. 28
pp. 54 – 67

Abstract

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Animée d’un souffle splénétique, l’œuvre baudelairienne raconte le corps féminin dans ses multiples fluctuations, partant du corps idéalisé pour sa beauté insolite, jusqu’à sa désacralisation par la souillure du désir charnel et l’emprise du temps. Le corps féminin devient l’allégorie d’une existence vacillant entre adoration et profanation. Une existence qui perd de son caractère sublime et se pare de désespoir une fois appelée à se confronter à la réalité et aux affres du temps. Le corps pourrissant, laid, périssable se mue à travers l’œuvre de Baudelaire pour dire un mal de vivre, une envie de reconstruire la réalité en esthétisant la laideur et la souffrance. D’une part, le féminin tire son pouvoir de fascination d’une beauté illusoire ne relevant que de l’éphémère. De l’autre, il demeure vicié par le poids de la fatalité et débouche sur un idéalisme à la mesure de la déchéance. De là, le regard ambivalent porté sur le corps féminin est poussé à son extrême dans plusieurs poèmes baudelairiens du moment où l’union des contraires demeure en elle-même une quête. Ainsi, le laid et le beau, le fugitif et l’absolu se croisent et s’entremêlent pour fonder toute la trame poétique des Fleurs du Mal.

Keywords