Les figures hybrides dans Les Chemins qui montent de Mouloud Feraoun

Alternative Francophone. 2015;1(8):57-70 DOI 10.29173/af25280

 

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Journal Title: Alternative Francophone

ISSN: 1916-8470 (Online)

Publisher: University of Alberta

LCC Subject Category: Language and Literature: French literature - Italian literature - Spanish literature - Portuguese literature | Social Sciences

Country of publisher: Canada

Language of fulltext: French, English

Full-text formats available: PDF

 

AUTHORS

Chia-hua Hsu (Département de français, Université Nationale Centrale (TAIWAN))

EDITORIAL INFORMATION

Double blind peer review

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Time From Submission to Publication: 5 weeks

 

Abstract | Full Text

La présente étude se focalise sur les figures hybrides et métisses dans Les Chemins qui montent de l’écrivain algérien d’origine kabyle Mouloud Feraoun (1913-1962). Les diverses situations d’entre-deux et de croisement de deux territorialités à la fois que l’on trouve abondantes dans cette œuvre créent un lieu ou un mi-lieu fructueux pour l’exploitation de la question de l’hybridité et du métissage dans ses sens multiples et dans la géo-temporalité spécifique qu’est la Kabylie sous la colonisation française en Algérie dans les années cinquante. Des enjeux concernant l’identité hybride, les mi-lieux qu’ils occupent ainsi que les négociations identitaires se déploient à travers un éventail de figures, permettant de mettre en relief cet espace problématique à mi-chemin ou simultanément entre deux voire plusieurs discours ou dans un tiers espace où elles convergent. On constate aussi que l’idéologie dominante qui tient la place du centre par rapport aux différences identitaires se trouvant à la frontière liminale s’apparente non seulement à l’hégémonie imposée par le colonisateur mais aussi et grandement à l’essentialisme basé sur les traditions inébranlables et sur la pureté des races et des cultures, ce qui fait des Chemins qui montent une œuvre consciente et critique, étant aussi bien un témoignage qu’un avertissement de la situation de la Kabylie arrivant au carrefour des traditions et de l’ouverture. Abstract This study focuses on mixed and hybrid images in Algerian writer Mouloud Feraoun’s works (1913-1962) titled Les Chemins qui montent. The different and simultaneous situations of in-betweenness and intersection between two territories very common in this text create a favorable opportunity for the exploration of the question of hybridity and mixing in its various senses and in the specific geo-temporality of Kabylie under the French colonial authority in 1950s. Issues concerning hybrid identity, sites they occupy as well as identity negotiations unfold through a variety of images highlighting this problematic space situated in between or simultaneously between two or several discourses where they meet. The dominant ideology which takes the center position compared to identity differences to be found on the liminal boundary, is similar not only to the hegemony imposed by the colonizer, but also mostly to the essentialism based on the unwavering traditions and the purity of races and cultures, which make Les chemins qui montent a committed and critical work, and also a testimony and a warning on Kabylie’s situation, which is at the crossroads of tradition and modernity.