Mouvements et Enjeux Sociaux (Jan 2022)

Le bras de fer entre la monogamie et la polygynie en droit positif congolais du mariage

  • Jean-Claude TSHIBANGU MWAMBA,
  • Iris MASSA GAFUTSHI,
  • Patrick KADIMA NTEKESHA

Journal volume & issue
Vol. 1, no. 121
pp. 9 – 18

Abstract

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La loi n°87-010 du 1er août 1987 portant code de la famille telle que modifiée et complétée à ce jour, qui abroge le code civil congolais livre Ier, a consacré la monogamie comme l’unique forme de mariage. Or, dans la vie courante du congolais, il ressort que de nombreux citoyens se livrent à la nouvelle forme de polygynie autrement appelée bureaugamie. Cette situation jette beaucoup de gens dans l’hypocrisie, car en instituant la monogamie, les autorités coloniales pensaient qu’il s’agissait là de la lutte contre l’avilissement de la femme congolaise. Tel ne fut cependant pas le cas à la décolonisation. Au lendemain de l’indépendance en 1960, on assistera au retour de la polygynie sous le terme « bureaugamie ». Ce phénomène perdure jusqu’à ce jour, malgré la loi précitée. La reconnaissance des enfants nés hors mariage par le législateur congolais ne fait que renforcer cette pratique. Aussi nous posons-nous la question : pourquoi le législateur n’a-t-il pas laissé le choix libre à la personne ? Le pouvoir colonial a permis de constater que le législateur n’a pas eu les mains libres dans le choix de la forme du mariage adaptée à la mentalité du congolais ; le législateur n’a pas tenu compte de la dynamique sociale pour repenser la forme du mariage, car au moment où d’un côté il impose la monogamie, de l’autre il tolère la polygynie en imposant l’affiliation des enfants nés hors mariage. Ainsi, cette étude propose la mise sur pied d’une politique législative proche de celle appliquée dans les pays Ouest africains tels que le Sénégal, le Nigéria, le Mali et la Guinée.

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